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quelles sont les start-up les plus fragiles ?

Publié par torrent9officiel


Les crises sont toujours des périodes complexes mêlées d’impacts économiques graves et d’opportunités pour d’autres. Certaines entreprises, par des choix d’activités ou de stratégies conformes au fonctionnement d’avant crise, se retrouvent du mauvais côté tandis qu’une autre partie arrive à tirer son épingle du jeu et trouve dans celle-ci un regain d’activité voire des leviers inespérés pour se développer.

La crise du COVID-19 est une crise particulière

Les impacts négatifs d’une crise restent pourtant quantifiables, tant sur le plan du développement que sur la masse salariale des entreprises. Celle du COVID-19 est à la fois une crise de la demande et une crise de l’offre. Autrement dit, la demande de certains consommateurs pouvait se retrouver non satisfaite, car les produits ou services se retrouvaient en nombre plus restreint (certaines denrées, produits d’hygiène, masques, débit internet pris d’assaut, etc) et par ailleurs des entreprises dont l’offre ne correspondait pas au schéma imposé par cette crise se sont retrouvées à ne pas pouvoir écouler leurs marchandises ou à ne plus pouvoir vendre leurs services que ne correspondaient pas aux nouvelles normes ou aux nouveaux canaux de distribution.

Les conséquences auront un impact sur toutes les strates de la société. Et les start-up sont évidemment concernées. Il convient de distinguer plusieurs profils de jeunes pousses et d’observer la réaction de celles-ci et de leurs investisseurs tout en analysant les conséquences directes ou indirectes. La principale distinction s’opère au niveau du calendrier des levées de fonds et de l’évolution du développement de l’activité qui en découle directement.

Les start-up impactées de manière diverse

Les résultats de l’étude menée par Station F sur 956 start-up provenant de France, du Royaume-Uni, des États-Unis, de l’Allemagne et d’Israël ont révélé quelles étaient les acteurs les plus fragiles. De manière qui pourrait étonner, ce sont les start-up qui ont au stade de levées de fonds en série B qui se trouvent les plus impactées par la crise, comparées à celles en pré-amorçage (pre-seed). De prime abord, on aurait pu envisager l’inverse pensant que les start-up plus avancées dans leur processus de développement seraient plus stables face au cyclone Covid-19. Cela ne semble pas avoir été le cas et s’explique pour plusieurs raisons.

Les start-up dont le développement de la stratégie et de l’activité était avancé à un niveau intermédiaire se sont retrouvés dans une situation beaucoup plus délicate que celles qui n’avaient pas encore une activité bien installée et bien rodée. La série B est effectivement reconnue par tous les spécialistes comme étant une étape complexe à passer pour les jeunes pousses, même en dehors des périodes de crise.

« La série B est le moment où tu commences à avoir des clients partout, tu as recruté des équipes commerciales, donc la crise se fait particulièrement ressentir. Les start-up plus jeunes sont aussi plus agiles. », expliquait Roxanne Varza, directrice de Station F.

Il convient alors de distinguer plusieurs niveaux d’avancement dans le développement d’une start-up : Pré-ensemencement (pré-amorçage), la graine (amorçage), Série A, Série B et Série C. Quoiqu’il en soit l’impact de la crise n’est pas uniforme, mais des tendances globales se révèlent. Les jeunes pousses en pré-amorçage sont plus souples face à la crise que leurs grandes soeurs plus développées. Voici les chiffres qu’il convient de retenir pour y voir plus clair.

Les conséquences générales de la crise sur les start-up

91 % des start-up dans le monde ont estimé que leur activité était impactée par la crise. Si on distingue l’impact selon la phase d’avancement les chiffres sont les suivants :

  • En phase de pré-ensemencement : 85 % d’entre elles se disent impactées,
  • En phase de « graine » : 92 %,
  • En phase de Série A : 93 %,
  • En phase de Série B : 97 %,
  • En phase de Série C : 98 %.

Concernant les chiffres relatifs à la réduction des coûts :

  • 72 % des start-up ont globalement réduit leurs dépenses depuis le début de la crise,
  • 64 % des start-up en pré-ensemencement ont également adopté ces mêmes mesures de réduction.

Concernant les aides gouvernementales :

  • 51 % des entrepreneurs pensent que les mesures d’aides gouvernementales ont été annoncées rapidement,
  • 43 % des entrepreneurs pensent que ces mesures sont faciles à comprendre.

Les changements de stratégie

La souplesse et l’adaptabilité des start-up qui ne s’étaient pas encore complètement développées leur ont permis de changer de cap. Et effectivement, la crise a été l’occasion pour certaines d’entre elles de modifier leur stratégie au niveau du produit. Ainsi 31% des start-up en pré-amorçage ont modifié leur stratégie de mise sur le marché. De manière plus globale, 18% des start-up ont fait un pivot pour aborder un nouveau marché et 13% envisagent un pivot dans les 6 prochains mois. Concernant le développement international, seulement 51% des start-up interrogées indiquent qu’elles ont modifié leur stratégie.

Les start-up ont opéré des changements de stratégie en pleine crise :

  • 25 % ont structuré la sortie d’un produit ou d’un service,
  • 22 % n’ont opéré aucun changement,
  • 18 % ont effectué un pivot stratégique,
  • 16 % ont lancé une nouvelle offre,
  • 10% ont opéré un changement de produit important,
  • 9 % ont modifié leur prix,

L’impact sur la masse salariale

L’emploi reste le sujet le plus délicat. Environ 31 % des start-up de la série B ont licencié des employés contre 24 % pour celle en série A et seulement 15 % pour celles en amorçage et 16 % pour celles en série C. Toutefois, 48 % des start-up dans le monde ont embauché de nouveaux employés depuis début mars et 78% des start-up dans le monde prévoient d’embaucher de nouveaux employés avant la fin de l’année.

La crise a évidemment eu des impacts sur les habitudes de travail, beaucoup de salariés ayant été contraints de travailler à domicile. Ainsi ce serait 47 % des entreprises interrogées qui envisageraient d’augmenter le travail à distance.

Une étude révélatrice des conséquences de la crise actuelle

Cette étude nous permet de mesurer les impacts de la crise à différents niveaux et les stratégies mises en place par les start-up pour réagir. Les prochains mois seront certainement révélateurs également de cette nouvelle donne et des conséquences à plus ou moins long terme qu’elle implique.

Des start-up ont su néanmoins se créer des opportunités pendant cette crise. Certaines ont d’ailleurs continué à lever des fonds. Rassurer les investisseurs était une priorité et faire en sorte que les accords d’avant crise soient maintenus pour ne pas aller à la catastrophe n’a pas toujours été facile.

Pour ce qui concerne la France, en plus des 4 milliards d’aides initialement prévus pour soutenir l’entrepreneuriat tech, le gouvernement vient d’annoncer une enveloppe supplémentaire de 1,2 milliard d’Euros. La décision d’injecter ces fonds supplémentaires est justifiée par le fait que le secteur français de la tech a énormément souffert de la crise pendant que les Gafam et les entreprises de la tech chinoises se sont renforcées. Le gouvernement français souhaite protéger les jeunes pépites de la convoitise de ces dernières qui pourrait en profiter pour les racheter.



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